Témoignage d’Aïcha Sophie

Aïcha Sophie est néophyte : elle a été baptisée en 2025 à Notre-Dame de Clignancourt (18e).

© Diocèse de Paris

Je m’appelle Aïcha Sophie. Suite à une reconversion professionnelle, il y a 11 ans, je suis enseignante. J’ai reçu le baptême à 52 ans. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours eu la foi. Je n’ai jamais douté de l’existence de Dieu en ce qui me concerne. J’ai grandi dans une famille musulmane. J’ai très tôt été attirée par la religion chrétienne. Ma grand-mère, musulmane et analphabète, m’avait offert un beau livre avec une reliure dorée : une bible illustrée pour les enfants. J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre et j’ai dû sans exagération aucune, le lire des dizaines et des dizaines de fois. Par ailleurs, j’étais scolarisée dans une école catholique, dotée d’une chapelle ; j’aimais m’y glisser discrètement.

Pendant plusieurs années, je ne me sentais rattachée à aucune religion en particulier, je vivais juste ma foi, avec mes prières spontanées, surtout des prières de gratitude pour tout ce qui faisait ma vie, tous les cadeaux de Dieu à mon égard. J’ai toujours eu une vive conscience de la présence permanente de Dieu en nous. C’est une énorme grâce. Même pendant les moments difficiles, ma foi ne vacillait pas ; je me disais toujours : Dieu a ses raisons.

J’étais particulièrement attirée par la figure de Marie. De temps en temps j’assistais à des messes, par-ci, par-là. Je me documentais beaucoup sur la religion catholique. De fil en aiguille, de recherche en recherche, j’ai découvert la figure de Padre Pio et celle de sœur Yvonne Aimé de Malestroit. Je me suis plongée avec délices dans leurs vies et une telle foi, une telle confiance en Dieu me fascinaient. Mon attachement à Marie en a été renforcé. Entendre l’Ave Maria m’émouvait énormément.

Je ne saurai dire pourquoi mais l’envie d’aller à Lourdes a commencé à me tarauder. Sans avoir rien prémédité, je suis entrée un jour dans la gare de l’est en février 2023, j’ai pris mes billets pour Lourdes et j’y ai débarqué au mois de mai suivant. Je me souviendrai toujours du moment où je suis arrivée dans le sanctuaire, j’ai marqué un temps d’arrêt et je me suis dit : « Mais comment on fait un pèlerinage au fait » ? Quand j’y pense, c’était fou, j’ai débarqué à Lourdes avec très peu de connaissance des apparitions, de Bernadette Soubirous, de la grotte de Massabielle. J’avais une seule et solide certitude : je devais me rendre à Lourdes.

C’était le début d’un cheminement spirituel intense. À mon arrivée je ne savais pas réciter le Notre Père de mémoire. À mon départ, je priais mon chapelet chaque jour. C’est littéralement Marie qui est venue me chercher. Je me suis mise en mode autoformation par rapport à tout ce qui concernait la religion catholique, je voulais tout savoir, j’assistais plus régulièrement à la messe, je priais le rosaire tous les jours, lecture de la Bible, je découvrais les figures de saints, je pratiquais tout simplement…

Petit à petit, de messe en messe, la frustration de ne pas pouvoir communier a commencé à se faire ressentir.
Je suis retournée à Lourdes au mois de février suivant, j’y ai vécu le mercredi des cendres 2024 et le début du carême. Avec ce sentiment de frustration qui grandissait de jour en jour, j’avais l’impression d’avoir un pied dedans, un pied dehors ; la question du baptême s’est posée très rapidement, ma réflexion s’est poursuivie tout au long du carême, je n’arrivais pas à me décider. Était-ce nécessaire ? Je croyais en la présence de Jésus dans l’hostie sans toutefois arriver à franchir le pas du baptême. J’ai demandé à Marie de me donner un signe. Je suis tombée sur un article qui parlait des miracles eucharistiques de Buenos Aires et de Lanciano. C’était la réponse de Marie à mon questionnement.

J’ai assisté à la messe des Rameaux en 2024, ma première messe des Rameaux, un moment intense et très fort. À la fin de la messe, ma décision était prise. Je suis entrée en catéchuménat dans la foulée. J’ai été très bien accueillie et accompagnée, l’intégration dans la communauté de ma paroisse a été encore là une grâce de Dieu. C’est une paroisse vivante, dynamique, riche en rencontres, avec un fort accompagnement des catéchumènes. J’ai été baptisée à la Vigile pascale d’avril 2025. Un moment magique, divin, fort en émotions.
Le baptême pour moi est le début et non la fin. La vie n’est pas un long fleuve tranquille mais je ressens plus que jamais une sérénité et une totale confiance dans mon cœur. Jésus et Marie sont devenus des compagnons incontournables pour moi, ils cheminent avec moi ; je reçois Jésus à chaque messe, le dimanche, en semaine, les jours de fête. C’est énorme. C’est une immense grâce. La prière m’accompagne tout au long de la journée, c’est un dialogue avec Dieu. C’est un ami en qui on a toute confiance, qui partage notre vie, qui sait tout de nous. La vie suit son cours après le baptême évidemment mais il y a forcément quelque chose qui change. On revoit notre vie à la lumière des Evangiles et il y a forcément des ajustements à opérer dans notre relation aux autres, dans le regard que nous portons sur notre prochain, ceux qu’on apprécie et ceux avec qui les relations sont plus difficiles. Ce qui m’a frappée personnellement, c’est cette propension que j’ai, à présent, à prier pour les autres ; j’ai envie de secouer tous ceux qui ne connaissent pas encore l’amour de Jésus et de leur dire « Comment peux-tu ne pas le connaitre ? Il t’aime, Il a donné sa vie pour toi, Il t’aime, toi, personnellement même si tu l’ignores, Il n’est que miséricorde et Il attend ton amour ! »

Dans quelques jours, je vais vivre mon premier carême de baptisée, j’ai hâte. Je m’y prépare spirituellement. J’ai vraiment reçu une grande grâce.

Vers le baptême
Vers le baptême