Témoignage de Malick Emmanuel

Malick Emmanuel est néophyte : il a été baptisé en 2025 à la Sainte-Trinité (9e).

© Diocèse de Paris

Je m’appelle Malick, et désormais Emmanuel, j’ai 32 ans, je suis juriste, passionné de littérature et d’art. Je suis né au Sénégal, dans une famille musulmane de tradition soufie (une branche modérée et mystique de l’Islam). Je suis entré très tôt en contact avec le christianisme puisque l’essentiel de ma scolarité s’est déroulée en privé catholique à Dakar. C’est là que j’ai découvert la figure du Christ, qui me fascinait beaucoup, mais son assimilation, par les chrétiens, à Dieu m’échappait encore complétement. Je suis arrivé en France pour le lycée et j’ai oublié Dieu, dans l’environnement sécularisé que j’ai découvert ici. Je me suis passionné pour la philosophie, et notamment athée – j’étais travaillé par des questions existentielles, et notamment la condition humaine, le sens de la vie, et le mystère du mal, etc.

Ma quête spirituelle s’est rouverte pendant mes années de classe préparatoire à Paris. Je me suis pris de passion pour la Bible, d’abord de manière purement intellectuelle. Je voyais la Bible comme le grand code, la clé de voûte qui irrigue la plupart des histoires, des références artistiques et culturelles de la civilisation dans laquelle nous baignons. Et puis, petit à petit, cette parole a pris naissance en moi, a germé, comme la graine de sénevé, jusqu’à devenir la Parole de Dieu. Je lisais de plus en plus de philosophes et d’écrivains chrétiens ou qui se rapprochaient de la théologie chrétienne. Je me suis pris de passion pour la Bible, et j’avais la chance d’avoir à mes côtés des guides, Saint Augustin, Pascal, Senghor, T.S. Eliot, Dante, Maître Eckhart, etc.

C’est en 2022, lors d’une messe de mariage, qu’au moment de l’élévation, j’ai entendu le prêtre dire « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », phrase qui m’a percuté et a résonné pour moi d’une manière très forte. Je venais de rencontrer un Dieu qui m’avait créé, gratuitement, et qui était mort sur la croix pour moi, tout aussi gratuitement, par pur amour. De là, j’ai été saisi par les mystères de l’incarnation et de la croix, j’ai aussitôt entrepris de demander le baptême et suivi un parcours de catéchuménat de deux années très belles, très riches, ou j’ai grandi dans ma foi, dans ma vie de prière, dans mon amour pour la Bible et la théologie catholique, et où j’ai noué des amitiés profondes.

J’ai reçu le baptême lors de la veillée pascale de 2025, en l’église de la Sainte-Trinité, à Paris. Ce jour demeure le plus beau et le plus important de ma vie, et je reste émerveillé par le don reçu du Seigneur. Si je devais m’adresser à une personne hésitant à demander le baptême, je lui dirais que moi aussi, j’ai beaucoup hésité, que la peur est toute naturelle et même salutaire ; mais qu’une fois traversée, avec l’accompagnement nécessaire de chrétiens et du Seigneur, elle se transforme en joie profonde. La vie chrétienne comporte des épreuves, comme toute vie humaine, mais la foi, la conscience d’être enfant de Dieu, et la lumière reçue au baptême donnent la force d’y faire face, en scrutant sans cesse à l’intérieur la paix que le Seigneur y dépose, Sa Paix, où nous pouvons puiser à chaque instant.

Une phrase qui me porte et continue de me porter chaque jour est tirée du Prologue de l’Evangile selon Saint Jean, concernant Jésus : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. »

Vers le baptême
Vers le baptême